Embargoed Until 1 July Secret jusqu’au 1er juillet

Contact média : Reba Elliott, [email protected], + 1 202 717 7228

Les conférences catholiques du Sud publient une déclaration commune sur la COP 30

Les responsables les plus importants de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine s’unissent pour la première fois afin d’exhorter à l’action sur le climat

Les évêques catholiques d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes ont sorti leur toute première déclaration commune. Unis en tant que représentants du Sud, ils demandent une « application ambitieuse de l’Accord de Paris » et montrent l’engagement de l’Église envers l’action avant la COP 30.

Cet appel commun, qui a été annoncé pendant une conférence de presse dans la salle de presse du Vatican et est disponible ici, a été collectivement écrit par les conférences épiscopales et les conseils du continent, les organes supérieurs de la hiérarchie catholique. Ensemble, leurs groupes représentent près de 821 millions de catholiques dans toute l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et les Caraïbes d’après le bureau central des statistiques ecclésiastiques du Vatican.

La déclaration approfondit la position de l’Église catholique comme force morale pour faire pression sur les gouvernements afin d’agir réellement sur la crise climatique. Alors que de nombreux États envisagent de faire marche arrière sur les engagements climatiques, les conférences « exigent que les États mettent en œuvre des contributions déterminées au niveau national (NDC) ambitieuses à la mesure de l’urgence climatique et communiquent au monde comment ils appliquent les décisions collectives prises pendant les COP précédentes, y compris une transition énergétique juste ».

En identifiant clairement « qui détruit la Terre et qui propose de fausses solutions », l’Église catholique du Sud demande « une transition pour s’éloigner des combustibles fossiles et l’arrêt de nouvelles infrastructures liées avec des calendriers clairs, des mesures concrètes d’imputabilité et des politiques publiques » tout en « résistant aux programmes de compensation carbone et à la financiarisation des biens communs ». Les responsables exhortent les décideurs à « sortir des combustibles fossiles en mettant fin à toute nouvelle infrastructure et en taxant correctement ceux qui en ont profité ».

Les conférences proposent un point de vue ferme sur la finance climatique en disant que « les nations riches doivent payer leur dette écologique avec une finance climatique juste sans endetter plus le Sud, pour récupérer les pertes et préjudices en Afrique, Asie, Amérique latine, les Caraïbes et l’Océanie ». Ils font référence à des décisions récentes parrainées par l’ONU en disant : « à la suite de profondes déceptions causées par le nouvel objectif collectif quantifié de financement climatique (NCQG), nous exigeons que la finance climatique soit transparente, accessible et distribuée directement et efficacement, sans intermédiaires, aux communautés les plus vulnérables afin de garantir le fait que les banques de développement et que les institutions financières n’investissent pas dans les combustibles fossiles et les projets d’extraction, qu’elle ne soit pas basée sur la financiarisation de la nature et qu’elle n’augmente pas la dette des pays du Sud ».

Les responsables soulignent la justice de la transition énergétique en disant  : « Nous défendons la justice climatique afin de garantir le fait que les décisions de la COP 30 et d’autres donnent la priorité aux personnes démunies sur la logique d’entreprise qui approfondit les inégalités. » Avec une attention spéciale à la fois à l’atteinte disproportionnée sur les femmes et à la capacité des femmes à diriger, ils appellent à « des politiques et des programmes d’énergie renouvelable décentralisés » qui « promeuvent un travail digne pour les femmes à tous les niveaux et qui soutiennent l’entrepreneuriat des femmes dans le secteur de l’énergie renouvelable ».

Parmi d’autres engagements, les conférences annoncent qu’ils créeront « l’Observatoire ecclésial sur la justice climatique, grâce à la conférence ecclésiale de l’Amazonie, pour surveiller les engagements des COP et leur exécution dans le Sud, ainsi que pour dénoncer les engagements non réalisés ». Ils réaffirment le fait que l’Église catholique « ne cessera pas de lever la voix contre les injustices écologiques et sociales en se rappelant que la clameur de la Terre est également la clameur des pauvres ».

La publication du document a lieu pendant le dixième anniversaire de l’Accord de Paris sur le climat et le dixième anniversaire de Laudato Si’, l’encyclique décisive du pape François sur le climat et l’écologie. Le pape François s’est employé à encourager l’adoption de l’Accord de Paris et le Vatican a constamment promu l’action urgente et ambitieuse sur le changement climatique cette dernière décennie. Cette année, le ministère socio-environnemental du Vatican, le dicastère pour le Service du développement humain intégral, mène une campagne d’un an, Susciter l’espérance, pour encourager l’action continue.

La déclaration des pays du Sud se base sur cette histoire tout en reconnaissant aussi la nouvelle direction du pape Léon XIV, en particulier pendant sa première déclaration en tant que pape où il a exhorté l’Église à « construire un monde nouveau où règne la paix ! »

Monseigneur Allwyn D’Sylva, président du bureau du développement humain de la fédération des conférences des évêques d’Asie, a déclaré que « les combustibles fossiles appartiennent au passé, l’avenir doit être alimenté par une énergie propre et renouvelable. Les pays du Sud, dont les communautés de l’Asie et du Pacifique, détiennent la sagesse et l’expérience nécessaires pour garantir que cette transition est juste et équitable pour tous. »

Lorna Gold, directrice exécutive du Mouvement Laudato Si’, un réseau mondial de catholiques pour la justice climatique et écologique, a déclaré : « Les pays du Sud montrent aux pays du Nord à quoi ressemble la véritable responsabilité. Alors que nous voyons de nombreux États faire marche arrière dans leurs objectifs climatiques, l’Église catholique se lève pour de véritables solutions justes à la crise climatique. »

Vincente de Paula Ferreira, évêque du diocèse de Livramento de Nossa Senhora, à Bahia, au Brésil, et président de la commission spéciale pour l’écologie intégrale et l’extraction minière de la conférence nationale des évêques du Brésil a déclaré : « L’Église des pays du Sud lance son cri pour la justice climatique et la sauvegarde de notre maison commune. Avec courage, elle offre son témoignage prophétique dans un document publié par les commissions épiscopales et les conseils d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique et d’Asie. Ce texte rassemble la doctrine socio-environnementale et les expériences pratiques en dialogue avec la science.

C’est la clameur de nombreuses voix qui défendent les droits de l’homme et toute la création, qui dénoncent les fausses solutions du capitalisme vert, sa financiarisation vorace de la nature et la violence causée par des projets d’extraction à grande échelle et les transactions énergétiques. Tout ceci est fait au nom d’un modèle de développement qui ne bénéficie qu’à une petite partie de la population mondiale tout en condamnant des millions de personnes à la misère.

Pourtant, c’est également un message d’espoir qui montre que la durabilité de la vie sur terre dépend de la protection des forêts, des sources, de l’agroécologie, des peuples autochtones, des communautés quilombola, des femmes et d’autres. Que ce document inspire non seulement l’industrie dans nos églises, mais également la société mondiale à adopter un nouveau mode de vie enraciné dans l’écologie intégrale. »

# # # #

 

Information pour les rédacteurs :

Des infographies pour accompagner cet article sont disponibles ici.

Une conférence de presse sera diffusée en direct ici à 11 h CEST le 1er juillet. La diffusion en direct aura lieu dans la langue d’origine des orateurs.

Les orateurs sont les signataires de la déclaration :

  • Le cardinal Jaime Spengler, président de la conférence épiscopale de l’Amérique latine et président de la conférence nationale des évêques du Brésil
  • Le cardinal Filipe Neri Ferrão, président de la fédération des conférences des évêques d’Asie
  • Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, président du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar. ainsi qu’un représentant du groupe qui a aidé à la coordination de la déclaration :
  • Dr Emilce Cuda, secrétaire de la commission pontificale de l’Amérique latine.