Par Gabriel Dinda

Lorsque j’ai reçu l’appel à contributions pour participer à la prochaine conférence Laudato Si’ Afrique, je n’ai pas hésité à manifester mon intérêt. Dix ans après la publication de l’encyclique du pape François, cette conférence sera cruciale pour faire le point et partager les meilleures pratiques. De l’avis général, l’Afrique a non seulement le potentiel, mais aussi la position pour montrer la voie au monde entier en matière de protection de notre maison commune. De sa population jeune à son énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables, l’Afrique a tout ce qu’il faut pour se démarquer et servir d’exemple. 

La conférence a été l’occasion pour divers acteurs, notamment des universitaires, des praticiens, des chercheurs, des membres de la communauté, des membres du clergé et des fidèles laïcs, de participer à une indaba, une forme de discussion. Les organisateurs ont voulu distinguer cette « conférence » en l’organisant sous la forme d’une conversation typiquement africaine « sous les arbres ». Cela l’a rendue moins théorique, mais lui a donné davantage l’occasion de partager des expériences, des enseignements et de bonnes pratiques dans un environnement de liberté totale. 

Le lieu de la conférence était en soi un message clair. Elle s’est tenue au Bethany Land Institute (BLI), un lieu inspirant qui surplombe les pentes pittoresques de Luweero. Le BLI incarne le message essentiel de Laudato Si’, une harmonie totale dans l’interdépendance de la nature. Du calme sifflant de la forêt de Lazarus au travail inspirant de formation de la prochaine génération de leaders en écologie intégrale, le BLI offrait un cadre idéal pour incarner le message du pape François et organiser cette indaba.

Les organisateurs ont stratégiquement utilisé l’ensemble du « palaver » pour transmettre un message au monde entier à travers le concept « montrer, ne pas dire ». Si l’on ne tirait pas les leçons du message de solidarité venu du monde entier, on pouvait les tirer du travail impressionnant de BLI. Ou de l’unité de l’Église derrière Laudato Si’. Ce fut un moment rare où le cardinal Peter Turkson, l’archevêque de l’archidiocèse de Kampala, l’évêque du diocèse de Luweero Kasana et de nombreux prêtres, religieux et laïcs se sont réunis non seulement pour parler de notre maison commune, mais aussi pour œuvrer en sa faveur. 

Au-delà du glamour, du plaisir de nouer des contacts, du privilège d’apprendre et de l’occasion de relever des défis, cette initiative a permis de maintenir le dialogue sur les questions écologiques, qui doit s’étendre aux quatre coins du monde. Comme le résume si bien le pape : « Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. »

Gabriel Dinda est chercheur-doctorant et membre de Laudato Si’ Afrique. E-mail : [email protected]