
Johannesburg, Afrique du Sud
Le Mouvement Laudato Si’ Afrique a organisé un webinaire en amont de la Journée de la Terre, réunissant des responsables religieux, des animateurs communautaires, des journalistes, des avocats, des militants et des acteurs de terrain d’Ouganda, de Tanzanie et de la République démocratique du Congo autour d’une réflexion : à quoi ressemble la justice climatique lorsque ce sont les communautés qui paient le prix de l’exploitation des énergies fossiles ?
Le webinaire « Notre pouvoir, notre planète : un engagement renouvelé en faveur de la lutte pour la justice climatique et les droits des communautés » a été bien plus qu’un simple débat. Il nous a rappelé que, derrière chaque projet lié aux énergies fossiles se cachent de vraies personnes, de vraies communautés et de vrais écosystèmes, dont l’avenir est façonné par des décisions souvent prises loin des lieux où leurs répercussions se font sentir.
À la suite de la conférence internationale sur la transition vers l’abandon des énergies fossiles qui s’est tenue à Santa Marta, ce webinaire a permis de donner la parole aux communautés d’Afrique de l’Est qui subissent les conséquences de l’exploitation minière et de réfléchir à ce que signifie concrètement une transition juste.
Balach Bakundane a ouvert le débat en dressant un tableau sans concession de l’oléoduc d’Afrique de l’Est (EACOP). S’étendant sur 1 443 kilomètres, de l’Ouganda à la Tanzanie, ce projet devrait générer plus de 33 millions de tonnes de carbone par an, des millions de tonnes d’émissions de carbone chaque année, tout en affectant des milliers de foyers en raison de l’expropriation de terres, de la dégradation de l’environnement et de la perturbation des moyens de subsistance.
Les moments les plus marquants ont été ceux où se sont exprimées les personnes qui militent quotidiennement aux côtés des communautés touchées. Des représentants de l’Ouganda, de la Tanzanie et de la République démocratique du Congo ont fait part de ce dont ils sont témoins sur le terrain. Ils ont évoqué des familles qui perdent les terres dont elles dépendent depuis des générations. Ils ont évoqué l’incertitude, la dégradation des moyens de subsistance et la pression croissante qui s’exerce sur les communautés qui choisissent de s’exprimer. Mais ils ont aussi parlé de courage.
Les communautés se mobilisent. Les réseaux se développent. Des personnes qui se sentaient autrefois isolées trouvent aujourd’hui une force collective. Partout dans la région, les citoyens exigent des comptes, défendent leurs droits et affirment que le développement ne doit pas se faire au détriment de la dignité humaine ni de l’environnement.
La conversation a ensuite dérivé vers une question tout aussi importante : comment se fait-il que des projets liés aux énergies fossiles, pourtant néfastes, continuent d’être menés malgré l’inquiétude croissante du public ?
Le journaliste Joseph Silali, l’avocat Tumusiime Kato et l’expert financier Samuel Okulony ont examiné le rôle des médias, du droit et de la finance dans la défense des causes. Leurs réflexions ont mis en évidence que les experts et les communautés peuvent collaborer pour œuvrer en faveur d’un avenir juste et durable.
Le webinaire s’est conclu par un nouvel appel à l’action. Les participants ont été encouragés à organiser et à participer à des activités pendant la Semaine Laudato Si’, notamment pour réclamer un avenir sans énergies fossiles, à lire et à partager le Manifeste des Églises des pays du Sud pour notre maison commune ainsi que la réflexion théologique, et à continuer de sensibiliser leurs propres communautés à la crise climatique.
Prises isolément, ces actions peuvent sembler insignifiantes. Mais ensemble, elles donnent naissance à quelque chose de puissant : un mouvement engagé à protéger la nature, à défendre les communautés et à militer pour un avenir sans énergies fossiles.





